A propos de la statue de la Vierge
A l'origine, il y eut une petite statue dans une guérite accrochée à un saule.
Pour nous, cette statuette concrétisait la participation de tous ceux qui ne - pouvaient être des nôtres.
Jean Cattant, artiste-sculpteur et pèlerin de la première heure très franchement imprégné de son christianisme, l'avait sculptée pour nous une année où il ne pouvait venir sur la route de Chartres.
On lui a fait une guérite en chêne et on l'a suspendue à un saule, du côté de St-Piat... Après ce hameau, on longeait , la voie ferrée et, après un moment, on passait en dessous pour aller vers Coltainville. C'était là, juste avant de passer sous le pont qu'on l'avait accrochée à un saule. Elle y est restée plusieurs années durant lesquelles elle a toujours été fleurie. Le curé et des gens de l'endroit nous écrivaient pour nous dire que la Vierge n'avait jamais été autant fleurie, et cela constamment.
Puis elle a disparu et les gars ont dit: "Puisqu'on nous l'a fauchée, on va en refaire une autre ..."
La nouvelle... Jean Cattant l'a fait comme il l'entendait. "La Vierge, disait-il, était une ouvrière. Elle avait les mains calleuses comme toutes les mères de famille..." Il l'a sculptée avec goût, dans l'attitude d'une mère qui présente son fils aux pèlerins, en se tenant derrière lui. Il y a des tas de choses qui percent dans cette attitude. D'ailleurs la Vierge du Pèlé est pétrie d'intentions que les gars qui font le pèlé aujourd'hui ne peuvent plus percevoir, hélas.
Déjà de notre temps,...
Je me souviens, j'avais amené au pèlé des copains d'usine. Quand ils ont vu qu'on se baladait avec une Vierge sur les épaules, ils ont ricané: "Ils sont dingues ces gars-là!" L'un d'eux, un italien, m'a dit: "Mais, mon vieux, on retourne dans les bigoteries de l'Italie..." Ils n'avaient pas compris tout ce que représentait cette Vierge pour nous." y a des tas de copains qui l'ont portée en signe de pénitence. Certains sont morts maintenant... Ne serait-ce qu'à cause de cela, on doit la respecter et respecter ce qu'elle représente comme efforts et engagements de pèlerins...
Interview de Robert Lalande par Jean-Pierre Brasseur (1976).
La statue actuelle Première statue de la Vierge
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