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Lectures proposées à notre réflexion pendant la marche de nuit de Mozet en septembre 2004

Le DVD des images du pélé 2004 et de la marche de nuit à Mozet  ici

Le mauvais riche et le pauvre Lazare

 Le jardin des peines

Le jugement

Je suis une bougie

La flûte de l'espérance

Une lumière dans ma vie

 

 

Le mauvais riche et le pauvre Lazare

Texte de l'évangile selon 5t-Luc (ch. 16 19-31)

 Il Y avait un homme riche qui s'habillait de pourpre et de lin fin et qui chaque jour faisait brillante chère. Et un pauvre, du nom de Lazare, gisait près de son portail, tout couvert d'ulcères. il aurait bien voulu se  rassasier de ce qui tombait de la table du riche ... Bien plus, les chiens eux-mêmes venaient lécher ses ulcères. Or le pauvre mourut et fut emporté par les anges dans le sein d'Abraham. Le riche aussi mourut, et on l'enterra.

Dans le séjour des morts, en proie aux tourments, il leva les yeux et vit de loin Abraham et Lazare en son sein. Alors il s'écria: "Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l'eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je suis à la torture dans ces flammes. - "Mon enfant, répondit Abraham, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare pareillement ses maux; maintenant donc il trouve ici consolation, et toi, tu es à la torture. Ce n'est pas tout: entre vous et nous a été fixé un grand abîme, pour que ceux qui voudraient passer d'ici chez vous ne le puissent, et qu'on ne traverse pas non plus de là-bas chez nous."

Le riche répliqua: "Je te prie donc, père, d'envoyer Lazare dans la maison de mon père, car j'ai cinq frères; qu'il leur fasse la leçon, de peur qu'ils ne viennent, eux aussi, dans ce lieu de tourments." Et Abraham de répondre: "Ils ont Moïse et les Prophètes; qu'ils les écoutent" - "Non, père Abraham, dit le riche, mais si quelqu'un de chez les morts va les trouver, ils se repentiront." Mais Abraham lui dit: "Du moment qu'ils n'écoutent ni Moïse ni les Prophètes, même si quelqu'un ressuscite d'entre les morts, ils ne seront pas convaincus".

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  Le jardin des peines

 En automne, je récoltais toutes les peines et les enterrais dans mon jardin. lorsqu'avril refleurit et que la terre et le printemps célébrèrent leurs noces, mon jardin fut jonché de fleurs splendides et exceptionnelles.

Mes voisins vinrent les admirer et chacun me dit:

"Quand reviendra l'automne, la saison des semailles, nous donneras-tu des graines de ces fleurs afin que nous puissions les planter dans nos jardins 7"

Khalil Gibran, poète et peintre libanais (1883-1931)

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Le jugement

 Voici une histoire que Lao-Tseu aimait raconter

 Un pauvre chinois suscitait la jalousie des plus riches du pays parce qu'il possédait un cheval blanc extraordinaire. Chaque fois qu'on lui proposait une fortune pour l'animal, le vieillard répondait:

"Ce cheval est beaucoup plus qu'un animal pour moi, c'est un ami, je ne peux pas le vendre".

 Un jour, le cheval disparut. Les voisins rassemblés devant l'écurie vide donnèrent leur opinion:

"Pauvre idiot, il était prévisible qu'on te volerait cette bête. Pourquoi ne l'as-tu pas vendue? Quel malheur!"

 Le paysan se montra plus circonspect:

"N'exagérons rien, dit-il. Disons que le cheval ne se trouve plus dans l'écurie. C'est un fait .. Tout le reste n'est qu'une appréciation de votre part. Comment savoir si c'est un bonheur ou un malheur? Nous ne connaissons qu'un fragment de l'histoire. Qui sait ce qu'il adviendra ?"

 Les gens se moquèrent du vieil homme. Ils le considéraient depuis longtemps comme un simple d'esprit. Quinze jours plus tard, le cheval blanc revint. il n'avait pas été volé, il s'était tout simplement mis au vert et ramenait une douzaine de chevaux sauvages de son escapade. les villageois s'attroupèrent de nouveau

'Tu avais raison, ce n'étals pas un malheur, mais une bénédiction".

 "Je n'irais pas jusque là, fit le paysan. Contenterons ­nous de dire que le cheval blanc est revenu. Comment savoir si c'est une chance ou une malchance? Ce n'est qu'un épisode. peut-on connaÎtre le contenu d'un livre en ne lisant qu'une phrase ?"

 les villageois se dispersèrent, convaincus que le vieil homme déraisonnait. Recevoir douze beaux chevaux était indubitablement un cadeau du ciel, qui pouvait le nier? le fils du paysan, entreprit le dressage des chevaux sauvages. l'un d'eux le jeta par terre et le piétina. les villageois vinrent une fois de plus donner leur avis:

"Pauvre ami! Tu avais raison, ces chevaux sauvages ne t'ont pas porté chance. Voici que ton fils unique est estropié. Qui t'aidera dans tes vieux jours? Tu es vraiment à plaindre".

"Voyons, rétorqua la paysan, n'allez pas si vite. Mon fils a perdu l'usage de ses jambes, c'est tout. Qui dira ce que cela nous aura apporté? La vie se présente par petits bouts, nul ne peut prédire l'avenir".

 Quelque temps plus tard une guerre éclata et tout les jeunes du village furent enrôlés dans l'armée, sauf l'invalide.

"Vieil homme, se lamentèrent le villageois, tu avais raison. Ton fils ne peut plus marcher, mais il reste auprès de toi, tandis que nos fils vont se faire tuer".

"Je vous en prie, répondit le paysan, ne jugez pas hâtivement. Vos jeunes sont enrôlés dans l'armée, le mien reste à la maison, c'est tout ce que nous pouvons dire. Dieu seul sait si c'est un bien ou un mal".

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 Je suis une bougie

 Tu m'as enflammée et tu regardes ma lumière. Tu rêves, tu pleures, tu es heureux de me voir, Moi, en tout cas, je me réjouis de flamber.

Car si je ne brûlais pas, je serais dans une boîte enfermée .. Je n'aurais pas de sens, de rôle dans une vie.

Je n'existe vraiment que quand brille ma lumière.

Mais, depuis que ma lumière rayonne, en brûlant, j'ai rapetissé.

C'est dommage, je m'use, et bientôt, je ne serai plus qu'un lumignon

Mais je suis tellement heureuse de servir, d'être utile! Je n'ai qu'une vie, je la vis à fond!

Je ne regrette pas de brûler, même si un jour, je m'éteins.

Tous nous n'avons qu'une vie comme la bougie, Autant la vivre en brûlant qu'enfermé dans une boîte, par peur des coups de vents, des critiques ou de l'usure.

Si nous brûlons, nous remplissons notre tâche.

Les gens se réjouissent de notre présence et nous sommes heureux

N'ayons pas peur: si, en brûlant, on devient plus petit, c'est de l'extérieur.

De l'intérieur, nous serons de plus en plus heureux, de plus en plus grands.

Donnez votre vie, votre affection, votre temps, votre argent.

Ne le gardez pas pour vous seul. La vie en boîte, c'est tellement triste!

La vie donnée, c'est tellement beau qu'on ressemble à Dieu!

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La flûte de l'espérance

Cela se passait une nuit, à Paris. "Cette nuit-là" dit-il, "je n'arrivais pas à dormir, j'entendais des cris, des bruits de voitures, de télévisions. Et puis, tout à coup, quelque chose s'est passé. J'ai entendu un bruit sourd. J'ai cru d'abord que c'était le bruit de mon coeur, et cela m'a fait peur parce que personne n'aime entendre cette mécanique, mais ce n'était pas ça, pas ça du tout. J'imaginai alors une batterie ou une contrebasse quand, tout d'un coup, semblant naître de ce bruit sourd, j'ai entendu une flûte qui s'est élevée soudainement. Elle était légère, elle était aérienne, elle donnait une joie, c'était peut-être Bach qui parlait, c'était peut-être la "flûte enchantée", je n'en sais rien.

Et puis je me suis endormi - un sommeil haché menu! et quand je me réveillai, je croyais encore entendre la flûte, mais il n'était pas sûr qu'elle continuait à jouer. Est-ce que la flûte était dans ma tête? D'où sortait ­elle? Je n'en sais rien? Cela n'avait pas d'importance.

 L'espérance, voyez-vous, c'est un peu ça. C'est très peu de chose, c'est ce chant de la flûte qui anime tout le reste, tout le brouhaha, c'est ce chant qui semble sortir du coeur du monde, du battement du coeur de tous les hommes, d'une ville. Ce n'est rien du tout, oui, presque rien, c'est facile à supprimer, l'espérance".

Gabriel  Ringlet

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Une lumière dans ma vie

A Melbourne, j'allais voir un vieil homme dont, semblait-il, personne ne connaissait même l'existence. Sa chambre était dans un état horrible. Je désirais la nettoyer, mais il ne cessait de me dire: "Je suis très bien comme cela". Je ne répondais pas, et à la fin il me permit de faire ce nettoyage.

il Y avait dans cette chambre une très belle lampe recouverte d'années de poussière.

Je lui demandait: "Pourquoi n'allumez-vous pas cette lampe ?"

'Pour qui?", me dit-il. "Personne ne vient chez moi. je n'ai pas besoin de cette lampe".

Je lui demandais alors: "Allumerez-vous cette lampe si une soeur vient vous voir?"

Il répondit: "Oui, si j'entends une voix humaine, je l'allumerai'~

Et dernièrement il m'a envoyé un mot: "Dites à mon amie que la lumière qu'elle a allumée dans ma vie brille toujours".

 Mère Teresa, "La joie du don", éd. du Seuil