Léon TILLIEUX vers Saint Petersbourg

Je vous propose ici les courriels envoyés par Leon au cours de son périple

!!!Attention étant en vacance en juin; je ne saurais pas mettre les courriels en ligne. Je les mettrais en ligne début juillet!!!

Vous pouvez l'encourager en lui envoyant un courriel à l'adresse suivante leontillieux@hotmail.com

Liège, dimanche 14 mai 2006,

Chères amies, chers amis,

A chacun de vous qui m'avez encouragé par votre présence au moment du départ
à Namur;
A chacun de vous qui m'avez accompagné avec votre vélo sous la pluie,
l'orage et le soleil, jusque Huy ou jusque Liège,
A ceux et celles qui m'ont envoyé par courriel un message de sympathie, de
bonne route ou d'accueil le long de celle-ci;

Soyez-en remerciés.  Sachez que cela me donne du courage pour pédaler.  Je
ne manquerai pas de vous tenir informés du voyage.

Merci aux journalistes de Vers l'Avenir (Mme Flochon pour l'article paru
dans le journal de ce samedi 13 mai), Passe-Partout (article de Mr Lahaut de
la semaine prochaine) et Canal C.

A ce propos, quelqu'un d'entre vous peut-il me copier l'interview qui
passera sur canalC ce lundi ou ce mardi.  Merci d'avance.

Il est 7 heures du matin, ce dimanche 14 mai.  Bonne fête à toutes les
mamans.

A la prochaine.  Léon Tillieux
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Chers vous tous

Samedi 13 mai au soir, mon ami Michel de Brasschaat (avec qui j ai pedale au
Bangladesh en 2003 pour la Fondation Damien) m a rejoint a Liege, mouille
comme un canard a cause de l orage.  Il parait que certains d entre vous l
ont ete aussi au retour vers Namur.

Apres l accueil des Roberti, nous montons vers Montchau via Verviers.
Puis l Allemagne. Route de contrastes entre les trous des routes belges et
le bon revetement des routes allemandes. Indifference des personnes
rencontrees pressees d entrer dans les magasins mais chaleur des liegeois
qui nous souhaitent bonne route.  Bien oui Liege c est la cite ardente.

Indifference peut etre le long de la route mais il y a les fermiers qui nous
conseillent de dormir dans la paille pour que nous ayons plus chaud que dans
notre tente, qui nous offrent le the le soir pour bien dormir et un copieux
petit dejeuner avant de prendre la route.

440 km en quatre jours jusque Alsfeld pour ceux qui cherchent a me suivre
sur une carte; la moyenne journaliere de 100 km est depassee.
Hier mardi, Lars, un jeune de 15 ans a pedale avec nous durant 20 km; il s
interesse a notre projet; il veut devenir medecin plus tard.

Ce matin, mercredi 17 mai, Michel est retourne en Belgique car le travail l
attend.  Dank u wel voor deze dagen van vriendschap. Quant a moi, je
continue vers l Est,  le "far east", seul avec ma monture dont la selle n
est pas aussi confortable qu un cheval mais qui roule tres bien (55 km/h
dans les descentes emporte par le poids des bagages).  Vous pouvez remercier
Mr Lambillion de la place Wiertz a Namur pour le petite vitesse qu il a
monte sur le velo pour monter les longues cotes a du 8 km/h. On est quand
meme content ... et fier d arriver au sommet ... avant de se lancer dans la
descente.  Les automobilistes et les camionneurs attendent sagement parfois
longtemps pour nous depasser sans s enerver.  C est vrai que mes bagages
sont plus larges que moi.  Pourvu que cela continue dans les autres pays.

A partir de maintenant je suis seul pour rouler mais tous les messages de
sympathie auxquels je repond d une facon groupee me disent que desormais je
ne serai en aucun momemt seul sur cette longue route vers Sint-Pietersburg.
Auf wiedersehen und danke vielmaal.

Leon Tillieux

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Chers amis

Hier soir, lundi 22 mai, je suis arrivé dans un petit village, Wolterdorf, à
30 km à l'est de Berlin, chez des amis, connaissances d'Antoine et de
Marie-Claire Henrotte de Ans.  Surprise en arrivant, les enfants Antoon et
Manon, aidés de leur maman Andréa, avaient préparé un panneau d'accueil avec
un cycliste et un drapeau belge.  C'était bien là la maison que je
cherchais, trempé comme un canard ("chacun son tour" dirait mon ami Michel
de Brasschaat) par un orage qui ne pouvait qu'éclater après cette belle
première journée de chaleur.  Vers 14 heures, j'étais passé symboliquement
d'Ouest en Est sous la porte de Brandebourg, symbole de la réunification de
l'Allemagne, témoin des évènements de la chute du mur de Berlin en novembre
1989.  Andrea, à ce moment là habitait non loin du mur.  Anecdote peu
banale, c'est par un coup de fil reçu de Belgique, qu'ils apprirent que le
mur commençait à être abattu alors qu'il se trouvaient à quelques centaines
de mètres de là.

Auparavant, le vendredi 19 mai, je suis passé par Buchenwald où Mr Beaujean
de Huy vécu pendant de long mois entre 1944 et 1945.  La veille de mon
arrivée, j'ai été accueilli pour la nuit chez Rudi et Elisabeth. Ce couple à
qui je demandais simplement de remplir mes bidons d'eau, m'ont invité non
seulement à partager le repas du soir mais aussi à me reposer dans une
chambre de leur maison.  Qu'ils en soient remerciés.

C'est par le Nord que je suis arrivé à Buchenwald, par un de ces chemins
vraisemblablement empruntés par ces cohortes de prisonniers emmenés dans les
marches de la mort, en avril 1945.  Ensuite, je suis entré dans la carrière
où Mr Beaujean a travaillé, si je ne me trompe.  Les baraquements du camp
ont été rasés en 1945.  Mais leur emplacement est encore bien visible.
Albert logeait au 57 A.

Sur une des pierres érigées en mémorial, j'ai déposé un petit caillou en
mémoire de ce que Mr Beaujean a vécu dans ce camp de souffrances et j'en ai
emporté un autre avec moi avec l'intention de le déposer quelque part à
St-Pétersbourg en mémoire de son ami russe, Nicolas.

Demain 24 mai après-midi, je reprends la route vers la Pologne.  Le vélo
tient le coup jusqu'à présent.  Il souffre d'avantage sur les pavés plus
présents qu'à l'ouest.  Une petite réparation s'est avérée nécessaire.  Mais
tout est en ordre.  La nouvelle selle achetée dès le troisième jour ne me
fait plus mal.  Je ne sais pas si je me suis adapté à elle ou si c'est elle
qui s'est adaptée à ma morphologie?

En principe le prochain message que j'enverrai partira de Varsovie entre le
31 mai et le 2 juin.  Via l'article du journal "Vers l'Avenir", un couple
belgo-polonais a pris connaissance de mon raid et m'invite dans leur village
à 12 km de la capitale.  Merci Mme Flochon.

Aujourd'hui, une journaliste d'un journal local de la périphérie de Berlin
m'a posé de nombreuses questions, s'intéressant particulièrement aux
objectifs de mon périple.  Pour elle, c'est un monde inconnu que celui des
ONG et du système de parrainage.  Un article qui permettra peut-être à
certains lecteurs d'élargir leur regard sur le monde.

Cedi dit, je vais me reposer car ayant une tendinite au pied gauche, je dois
me ménager.  Aujourd'hui, c'est par le train et le bus que nous avons visité
Berlin (avec ma guide Andréa, parlant un français impeccable).  Mon vélo
méritait bien un jour de repos complet!

A la prochaine. Léon

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Chers amies et amis

C`est de Varsovie que je vous envoie mon quatrieme message ... sans accent
sur les "e' car je ne dispose que d`un clavier QWERTY et je n`ai toujours
pas trouve les accents sur ce type de clavier.

Que s`est-il passe depuis Berlin?
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Mercredi 24 mai, etant donne que la famille qui m`accueillait pres de Berlin
partait en vacances et a un mariage en Espagne, j`ai enfourche mon velo vers
13h30.  J`ai bien roule et suis arrive en Pologne en debut de soiree.  Le
premier cycliste avec qui j`ai parle, avait travaille a Maastricht,
connaissait la Belgique ... et me comparait a Eddy Merckx.  Oui mais lui ...
il n`avait pas autant de bagages!  Dans le premier village ou je suis arrive
pour la nuit, je me suis adresse a un monsieur en lui demandant de pouvoir
monter ma tente quelque part. Il a d`abord propose sa pelouse.  Puis il a
change d`avis:  il m`a invite a passer dans la salle de bain, puis a manger
et ensuite, avec son epouse, m`a conduit dans la maison voisine qu`il
construit pour sa fille qui n`a que 16 ans.  Dans cette maison non occupee,
tout est deja prevu.  J`ai dormi dans un beau lit ... avec un gros nounours
(sic).  La nuit fut bonne.  Le matin, mes hotes m`ont offert le petit
dejeuner a 7h avec, comme c`est l`habitude en Pologne et en Roumanie: du
jambon, du fromage, des legumes ... bref, je suis parti avec des calories en
reserve.  Vous me direz que cela ne doit pas me faire de tort ... quoique le
cholesterol ... , n`est-ce pas Christian!

Le soir de l`Ascension, je suis arrive dans une petite ville appelee Pniewy.
 J`appercois un grand couvent. Une religieuse me voit et me demande ce que
je cherche.  Je lui dis que je cherche a planter ma tente quelque part.
Elle me dit qu`il fait trop froid et qu`il va pleuvoir.  Elle est allee me
presenter a la superieure qui a bien voulu que je dorme dans une chambre
d`accueil.  Le soir, soeur Anna m`a invite a manger.  Elle s`occupe
d`enfants en difficulte.  Elle est tres dynamique, joue au foot avec eux;
elle a travaille en Finlande ou elle se deplacait a ski.  J`ai pris un bon
bain chaud, le premier depuis longtemps.  Le matin, petit dejeuner a 7h30
precises.  Nous nous rendons compte que nous parlons italien tous les deux.
C`etait vraiment une grande joie pour elle comme pour moi de converser en
italien plutot qu`en allemand.  A 8h40, elle m`a accompagne en velo pour me
mettre sur le bon chemin jusque la sortie de la ville.  Je n`oublierai ni la
qualite de son acceuil ni sa joie de vivre.

Vendredi 26 mai, en passant dans un village, j`entends que le chauffeur
d`une voiture crie "vive Namur" par la fenetre ouverte.  Il s`arrete, se
presente:  Jean-Luc Bouvy d`Arlon, ancien controleur SNCB.  Il me dit qu`il
m`a deja vu sur le train, ce qui est possible ... du moins en Belgique.  Il
m`invite a passer dans une famille ou il vient en vacances depuis 25 ans.
Seance de photos. Il me donne son adresse courriel pour que je le tienne
informe. Le monde est petit.  Je repars avec deux bonnes bieres belges ...
pour le soir ... car mon "vehicule" et son pilote se doivent d`avancer droit
sur l`extreme droite de la route ... car nombreux sont les camions et autres
vehicules sur les routes polonaises!.

Le soir, j`arrive dans un village mais je ne trouve pas a qui m`adresser.
J`installe ma tente dans un chemin de campagne.  Le garde forestier passe
par la, mais accepte que je plante ma tente pour la nuit.  Pas de problemes.
 Quelques moustiques seulement ... vite disparus grace au vent qui se leve
... comme en Belgique parait-il!.  La nuit suivant, la tente sera installee
dans de grandes herbes ... plus hautes que mon abri ... ou je me blotti dans
mon sac de couchage, bien au chaud :  celui que j`avais emmene pour aller au
Nepal en 2000.  Et oui, il fallait etre prevoyant surtout pour ce
"printemps" 2006 !

Le dimanche, dans les villages, beaucoup de monde se rendent
traditionnellement a la messe, a pied, en velo, en voiture.  Il y a les
communions dans une petite ville.  J`apprends que le pape Benoit XVI est
deja arrive a Varsovie ... avant moi; c`est vrai qu`il n`y est pas alle en
velo!  Mais je lui pardonne ... avec ses 80 ans (ou presque!)

En fin d`apres midi, le temps change: de la pluie, du soleil, de la pluie,
du vent.  Soudain, un orage eclate.  Je me refugie dans une ferme, je n`ai
pas le temps d`entrer dans le poulailler bloque par la largeur de mes sacs.
Le ciel se dechaine.  Une bourrasque!  Le ciel est noir comme en hiver!  Une
grosse branche me tombe dessus.  En plein sur le porte bagage arriere ...
qui est plie!  Je repare comme je peux.  La fermiere me fait entrer; sa
fille parle un peu allemand; elles m`offrent a manger: soupe aux betteraves
rouges; viande enveloppee dans du chou, comme en Roumanie: "des sarmales"
pour les connaisseurs.  Je dis "merci" en polonais, le seul mot que je sais
dire avec 'bonjour" dans cette langue .... ou generalement il n`y a qu`une
ou deux voyelles pour cinq consonnes!!!.  Bonjour pour la prononciation!

Le soir, dans un village, je repere une ferme.  Je demande, scenario
classique, pour pouvoir planter ma tente dans un coin.  Les gens acceptent.
Pendant que je me lave dans la salle de bain, la fille de la maison me
prepare du pain avec du jambon et des tomates.  Puis je suis invite a dormir
dans la dependance ou il y a des lits superposes.  Un seul suffit pour bien
me reposer ... mieux que dans ma tente car cette nuit la, il a plu tres
fort, comme les autres nuits d`ailleurs.

Et puis la cerise sur le gateau ou plutot un gateau avec beucoup de cerises:
 l`accueil ici a Otwock, a 24 km au Sud-Est de Varsovie chez Marc Moneaux
et Teresa. Alors que j`etais arrive a l`improviste, avec un jour d`avance,
Teresa a prepare un repas en quelques minutes.  Marc etait super content que
je sois arrive avec un jour d`avance car il repartait le mardi matin en
Belgique.  Nous avons longtemps echange sur les changements que vit la
Pologne depuis quelques annees ainsi que sur ce qui m`attend en Russie.

Entretemps, le velo a ete vite repare.  En fait lundi 29 mai, 50 km avant d
`arriver a Varsovie, le porte-bagages s`est casse a l`endroit ou il a ete
plie dimanche. J`ai repare comme j`ai pu avec un fil electrique que j`avais
pris la precausion d`emporter avec moi.  Le soir, le fils aine de Teresa a
emmene le velo dans un garage et la soudure etait faite une heure apres mon
arrivee.  J`ai vraiment de la chance.  Notez qu`il valait mieux que la
branche tombe sur mes bagages que sur mon crane!  Quoi que j`ai toujours mon
casque!

Mardi 30 mai, Teresa est allee travailler a la bibliotheque communale.  Elle
a demande un jour de conge:  jeudi pour m`accompagner et visiter la vieille
ville.  Nous avons d`abord visite le nouveau musee ouvert recemment et
consacre a l`insurrection de Varsovie d`aout 1944.  Les pages les plus
sombres de l`histoire de la Pologne:  les combats ont dure 63 jours. Apres
l`echec de l`Insurrection, la ville fut presque rasee par les Allemands.
Environ 650.000 habitants sont morts et 84% des batiments de la ville furent
detruits.  Les Nazis ont incendie chaque maison, rue par rue.  Puis ce fut
l`arrivee des troupes sovietiques:  une autre page terrible de l`histoire de
la Pologne qui ne pris fin qu`avec l`arrivee de Solinanosc au debut des
annees 1980.

Certte journee de visite s`est terminee par la visite du chateau royal
reconstruit tel qu`il etait avant aout 1944 et le musee consacre a Frederic
Chopin.

Apres Varsovie ... les pays Baltes sont en vue
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Avec tout ce que je viens de vivre de negatif et de positif, surtout du
positif en ce qui concerne l`accueil et la chance de ne pas avoir eu
d`accident, je suis pret a partir vers les pays Baltes avec plein
d`enthousiasme.  La tendinite n`est plus qu`un mauvais souvenir, grace a la
pommade de soeur Anna.  Je ne me sens pas du tout fatigue meme si j`ai fait
110 km par jour en moyenne depuis le depart.  C`est vrai que le vent arriere
m`a vraiment aide.  Ce vent venant de l`ouest ne fait peut etre pas votre
affaire en Belgique mais moi, il me pousse.  En plus, il y a vos
encouragements (vos courriels par exemple et toute la gentilhesse que vous y
exprimez) qui me poussent egalement.  Maintenant, je bifurque vers le
Nord-Est.  Cela sera different ... surtout si le vent est de cote... ou de
face venant de la Baltique!

Ceci dit, j`ai decide de repartir de Varsovie avec un jour d`avance, ce
vendredi 2 juin, car je sens que les vraies difficutes vont commencer; mes
amis Polonais ne me predisent rien de super bon ... surtout pour la Russie.
C`est vrai qu`il ne considernt pas les Russes comme leurs meilleurs amis.

Moi,  j`ai confiance malgre tout ... tout en etant bien decide a continuer a
etre vigilant et a ouvrir l`oeil ... le pied toujours sur la pedale bien
sur.

Mon prochain message, vous le recevrez d`un endroit des pays Baltes sans
pouvoir le peciser aujourd`hui.

Que la nuit soit bonne pour vous et que demain soit plus chaud que cette
journee qui vient de se terminer.


Leon Tillieux

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Chers amis

C`est de Truskava en Lituanie que je vous envoie ce cinquieme message.  Les
paysages traverses changent avec les frontieres.  Il y a eu en premier lieu
l`Allemagne avec un paysage plus que vallonne, ou les lignes d`horizon sont
souvent ponctees par de nombreuses eoliennes et ou les villages comptent de
nombreuses maisons en colombage.  Ensuite la longue plaine entre Erfurt et
Berlin et de la Pologne jusque Varsovie, faisant place a un paysage plus
valonne au fur et a mesure que l`on monte vers la Baltique.  Dans cette
region, de tres nombreux lacs nichent dans d`interminables forets.  De plus
en plus de verdure tandis que les villages se rarefient.

L`entree en Lituanie est encore plus saisissante que l`entree en Pologne.
Dans les villages, une bonne partie des maisons sont en bois.  Beaucoup de
prairies ou paissent des vaches attachees a un piquet par une chaine et des
chevaux aux pattes entravees par une corde.  Un paysage ouvert sans clotures
me rappelant un peu le Nord de l`Ethiopie.  Ici et la, des champs de culture
ou le desherbage se fait encore a la main et de petits lopins de terre avec
des legumes.  En ce debut juin, les semis sortent a peine de terre; le
climat plus rude et plus froid de la Baltique se fait sentir.  Des que le
soleil est cache, la temperature redescend de quelques degres.  Jusqu`a
present, je n`ai pas encore beaucoup quitte mon polar.  Il n`y a pas ici le
gulf stream venant rechauffer la terre comme c`est le cas pour les pays
d`Europe occidentale ... meme si cette annee il semble quelque peu en
chomage.

Depuis l`entree en Pologne, dans chaque village, il y un ou plusieurs nids
de cignognes.  En Lituanie, elles perchent au sommet des chateaux d`eau.
Ceux-ci, d`un style uniforme et inesthetique, rappellent l`epoque on la
Lituanie faisait partie de l`Ex-URSS.  De meme pour les immenses etables
d`Etat aujour`hui a l`abandon pour la plupart, rappellant le style unique
present en Pologne, en Roumanie comme en ex-Allemagne de l`Est.

Du cote acceuil, je ne puis que vous dire que c`est de mieux en mieux. Le
soir du jour ou j`ai quitte Varsovie, j`ai ete accueilli dans une famille
qui d`emblee ma ouvert la chambre d`ami.  Et le matin, la dame a qui je
demandais de l`eau pour mon bidon, y a verse du the.

Ici en Lituanie, la barriere de la langue est depassee grace aux gestes.
Meme les enfants sont tout heureux de participer a l`accueil reserve par
leurs parents.  Le premier soir, ils m`ont emmenes au bord de la riviere
pour que j`y plante ma tente.  Quand je leur ai demande de remplir mes
bouteilles d`eau pour le lendemain, ils sont revenus avec du pain grille et
un oeuf cuit a la coque.  La seconde nuit, la dame a qui je m`etais adresse
pour planter ma tente, a propose que je la monte dans sa pelouse.  Le soir,
elle m`a prepare du cafe et des tartines avec du jambon.  Elle m`a meme
appris a dire quelques mots en Lituanien ... et en Russe, sachant que je me
dirigeais vers Sankt-Petersbourgo.  Le matin, reveil a six heures trente:
etant donne que le couple partait travailler, ils m`ont prepare, avant de
partir, un petit dejeuner avec tartines et cafe.  J`ai eu tout le temps de
faire ma toilette et de partir tranquillement vers 9 heures.  La nuit
passee, dans une ferme, j`ai ete egalement choye.  Des mon arrivee, le
fermier a fauche l`espace ou j`ai installe ma tente.  La fermiere m`a
apporte du lait, du fromage, du jambon ... et son mari, du miel de son
rucher.  Le matin, le petit garcon m`a apporte un petit dejeuner chaud,
servi au saut du lit ... facon de parler bien sur.

Ce soir, c`est Soeur Rose-Anne Graulich, originaire de Mouscron qui
m`accueille dans une maison ou vivent six religieuses. Etape reposante
aujourd`hui (seulement 33 km) apres celle d`hier:  93 km au travers des
petits villages aux routes empierrees, m`obligeant parfois a descendre de
velo.  Journee dure mais certainement la plus belle de ces derniers jours
car elle m`a permis d`approcher des villages ayant conserve un mode de vie
traditionnel.  Dans un champs, j`ai pu approcher ure fermiere trayant sa
vache a midi.

Quelques petits ennuis quand meme.  Avant d`entrer en lituanie, des
policiers polonais m`ont controle a trois reprises.  J`ai des doutes
concernant les premiers.  Ils etaient en civil, m`ont presente une carte de
policier, ont telephone en verifiant trois fois mon numero de carte
d`identite.  Des collegues, en uniforme militaire, venus en renfort ont
voulu emporter mon velo pour un sois disant controle.  Mais ils ont
finalement renonce lorsque`ils l`ont souspese ... n`ayant qu`une jeep pour
le charger.  Ils voulaient verifier si je n`etait pas entre dans la foret
... avec mes fins pneus, je ne serais pas aller loin.  Finalement, ils m`ont
laisse en paix ... j`avais toutefois pris la precaution de memoriser le
numero de plaque de leur voiture au cas ou j`eusse eu a faire a de faux
policiers.  Mes hotes Lituaniens, ce jour, m`ont dit que cela pouvait
arriver.

Une autre anecdote: en Lituanie, deux jeunes sur un scooter ont voulu
sympathiser avec moi allant jusqu`a me filmer avec leur GSM (c`est vraiment
devenu un gadget universel).  Mais j`avais devine leur intention de me
piquer mon drapeau.  Ce fut rate pour eux ... mais tant mieux pour moi, ce
signal est si important pour attirer l`attention des vehicules essayant de
me depasser. C`est pour cela que j`y tiens a mon drapeau rouge ... meme si
pour certains, cette couleur rappelle l`ancien regime.  Notez, qu`il y a
aussi le drapeau tricolore en dessous.

Ceci dit, des nouvelles vous en aurez peut-etre lorsque j`arriverai a Riga,
capitale de la Lettonie ou je serai dans deux jours, samedi 10 juin au soir.
 Dimanche: journee de repos avec visite de cette ville portuaire de la
Baltique.

De toute facon, vous aurez des nouvelles (je ferais tout pour que ce soit de
bonnes nouvelles) de Saint-Petersbourg ou je compte arriver vers le 18 juin.

D`ici la, portez-vous bien et bon courage aux etudiants en blocus.

Gardez-moi des cerises ... s`il y en a cette annee.

Leon Tillieux

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Chers amies et amis,

Je vous envoie quelques nouvelles depuis Riga en Lettonie ou il commence a
faire beau: deux jours de plein soleil ... comme chez vous semble-t-il.

Le passage de la frontiere entre la Lituanie et la Lettonie s est passe sans
probleme: le douanier lituanien m a ouvert la barriere en me voyant arriver
de loin et ne m`a meme pas demande mon passeport.  J etais sur une route
secondaire et il n y avait pas de voiture.  Un peu plus loin, le douanier
lettonien a jete un regard rapide sur ma carte d identite et m a souhaite
bon voyage.

La Lettonie est semblable a la Lituanie mais il y a beaucoup moins de
villages et plus de forets.  En arrivant a Riga vers 8 heures du soir,
samedi, ville d un million d habitants, j e nai eu aucune peine a trouver le
seminaire ou je devais aller.  J avais repere les eglises et j ai choisi la
bonne.  En tournant au coin d une rue, j ai eu la joie de lire le nom de la
rue que je cherchais.  En fait c est un nouveau nom de rue :  rue
catholique; sous le regime sovietique, vous comprenez bien que ce n etait
pas celui la.  En fait c est la rue du seminaire catholique ou j ai passe
deux nuits bien reposantes.

Ce lundi matin 12 juin, j ai visite Riga en velo en faisant tres attention
car dans cette ville, il n y a pas de cyclistes; ce n est pas les Pays-Bas.
Dans les musees, je demandais qu on me garde le velo et les personnes
voulaient bien.  J ai visite le musee de la navigation ... tres interessant.
 Riga fait partie des villes de la ligue Hanseatique.  Ensuite, j ai visite
le musee historique de la liberation de la Lettonie: des nazis d abord entre
1941 et 1945 et des Sovietiques depuis 1945 jusqu en 1989.

Dans la ville, j ai parle avec cinq jeunes americains qui font tout un
periple dans les pays baltes a velo, soit 130 a 150 km par jour ... en
parrainage pour des organisations humanitaires.  Cela fait du bien de savoir
que je ne suis pas seul a faire cela.  Je les ai interviewes et filmes.
Cela entrera dans le film que je compte realiser et vous presenter en
septembre.  Heureusement, ma camera va bien ... jusqu a present.

Samedi, j ai parle avec deux allemands (de mon age), des cyclotouristes
partis de Tallinn en Estonie en route vers Varsovie:  les premiers
cyclotouristes "longue distance" rencontres depuis Namur.

Je prends la route vers la Russie ce lundi 12 juin apres midi apres avoir
fait l entretien de mon velo.  Le prochain message, je vous l enverrai de
Saint-Petersbourg ... si tout va bien ... ce que je espere, bien sur.

Amities

Leon

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Cheres amies, chers amis.

Je suis bien arrive a Saint Petersbourg ce dimanche 18 juin au matin.  3.290
kilometres.  Je me sens bien.  Ce dimanche 18 juin, mon reve qui trote dans
ma tete ... et dans mes jambes surtout depuis cinq semaines, se realise
enfin.  Ce matin, il me restait 60 km a parcourir.  Je me sentais des ailes.
 A 8 heures du matin, j entrais dans l agglomeration de cette immense ville
de 5 millions d habitants.  J avais pu avoir un message de Soeur Francoise,
une francaise qui travaille ici.  Elle m avait donne rendez vous a l eglise
Sainte Catherine, situee sur une des arteres principales de la ville.  Je
pensais a un moment que j etais perdu.  Puis j ai vu une gare.  Un monsieur
m a dit quelle gare c etait.  J etais ainsi rassure et je n etais pas loin
du centre.  J ai demande deux fois a un policier qui m a repondu en allemand
et je suis arrive facilement a l eglise.

Ville immense, magnifique dans ses couleurs.  J ai plein d images dans la
tete.  Il me faudra plusieurs jours pour vous raconter tout ce que j ai vecu
conne accueil ici en Russie.  Incroyable malgre la barriere des langues.
Des gens m ont donne des legumes de leur jardin.  D autres m ont invite a
dormir dans leur salon, etc.

Et puis ce qui est extraordinaire, c est pratiquement l absence de nuit.  Le
soleil se couche vers 23 heures ( = 21 heures chez vous); il fait noir mais
pas tout a fait vers minuit et le jour se leve deja a deux heures, le soleil
a trois heures et demi. Les couleurs sont tres belles sur les monuments de
cette ville.  J ai fait de superbes photos.  J espere que nous aurons l
occasion de nous voir en septembre ... apres les vacances.

Demain lundi, avec Soeur Francoiise, je vais au musee Russe et mardi, au
fameux musee de l ermitage.

Et la Belgique point d interrogation.  Je n ai aucune nouvelle de l
actualite.  J entends qu il y a du football.  Mais je regarde de temps en
temps plutot mon velo attache a une barriere avec un cadenas.  On m a
prevenu: ne pas le laisser s envoler, toujours avoir un oeil dessus.  C est
vrai que si je veux aller a Tallinn, je ne peux pas le perdre.  Dams la
ville, je roule en velo.  Il n y en a presque pas.  Je n ai pas perdu l
habitude du Bangladesh ... pour me faufiler partout.  Mais il faut etre
super vigilant.

Il fait tres chaud depuis une semaine. Je suis alle nager deux fois.
Superbes lacs entre l Estonie et la Russie:  on dirait une mer.

Il est deja 23h30 et il fait encore clair.  Il est temps d envoyer le
message.

Portez vous bien.

Leon ... en Russie

Excusez moi pour les fautes ... avec un clavier russe dont certaines touche
sont effacees ....

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Chères amies, chers amis,


Vous qui m'avez suivi tout au long de ce long périple de Namur à
St-Pétersbourg, vous qui avez apprécié le compte-rendu de mon voyage, vous
qui m'avez soutenu moralement tout au long de ces longues journées de vélo,
je suis heureux de vous envoyer mon dernier message à partir de la Belgique
où je suis bien arrivé ce samedi 1er juillet 2006.

Ce matin,à Tallinn, en Estonie, je me suis réveillé à 3h30 pour rejoindre
l'aéroport.  Au moment où le soleil se levait déjà, se reflétant et dardant
tous ses rayons rouge sang sur les bâtiments modernes de la ville,  j'ai
vécu les derniers moments stressants de ce voyage.   En effet, à la suite de
travaux dans la ville, j'ai été emmené dans une déviation qui m'a fait faire
7 à 8 kilomètres supplémentaires.  Mais au monent où je me croyais perdu, un
automobiliste m'a renseigné efficacement et je suis arrivé à temps pour
enregistrer mes bagages et pour que mon vélo, fidèle coursier durant ces 49
jours, m'accompagne ... dans la soute à bagages.  Il est des moments où l'on
bénit le ciel de rencontrer des gens qui parlent une langue que vous
connaissez et qui connaissent la réponse adéquate à la question que vous
vous (leur) posez.

Après une escale à Copenhague, je suis bien arrivé à Zaventem à 10h45 et une
demi-heure plus tard, je récupérais mes bagages ainsi que ce bon vélo
Peugeot (acheté dans un magasin de seconde main ... un peu remanié), qui a
tenu le coup jusqu'au bout.  Aucun incident majeur, aucun accident sinon une
bête chute sans gravité à l'arrêt et seulement quatre crevaisons ... dont
trois pour la Russie.  Si vous aviez vu le nombre de trous que j'ai pu
évitez sans compter ceux que je n'ai pu éviter, vous comprendrez que ce
chiffre est peu élevé.

Mais revenons à la dernière semaine.

La fin de mon voyage en Russie a été un peu bousculée et assez stressante.
Samedi 24 juin, j'ai quitté St-Pétersbourg a 5 heures du matin.  J'ai ramené
les clefs du lieu où je dormais au gardien de l'immeuble ou Sr Yolanda (une
soeur des Philippines qui m'avait si bien accueilli) habite, ceci afin de ne
pas la réveiller ... comme je voulais partir tôt pour ne pas devoir
affronter le flot de la circulation dans la ville.  Au moment du départ, le
gardien qui ne parlait que le russe a été très émotionné de me voir partir
avec mon vélo et mes bagages.  Cela restera un des moments inoubliables de
mon voyage ... avec ce qui suit.

Pour gagner l'Estonie, j'ai choisi d'emprunter la route qui figure sur la
carte Michelin et qui suit la côte jusque la frontière.  A un certain
moment, il y avait des soldats en armes et un tank pour garder, ce que je
comprendrai plus tard:  des centrales nucléaires.  J'ai bien pris soin de ne
pas prendre de photos ni de filmer ... ce que j avais reconnu comme une
centrale nucléaire, me rappelant les photos de Tchernobyl;  heureusement
pour la suite.

Samedi 24 juin au soir, j'ai dormi au bord d'un immense lac que j'ai
découvert par hasard.  Le soleil s'est couché très tard.  Le matin, je me
suis lavé dans cette eau limpide et chaude ... Dimanche  matin, j'étais
heureux sur cette route où il n'y avait personne, sinon deux cyclistes avec
qui j'ai échangé quelque peu malgré la barrière des langues.

Puis soudain, une jeep est arrivée.  Deux jeunes habillés en militaires en
sont descendus.  L'un deux a dit en rigolant le mot KGB.  Ils ne parlaient
pas un mot d'anglais.  Ils voulaient m'emmener dans leur jeep.  J'ai refusé,
croyant avoir à faire à des jeunes qui voulaient me faire un mauvais coup.
Un peu plus loin j'ai crevé ... plutôt mon pneu avant.  J'ai reparé dans la
propriété d'une famille car je craignais que les deux jeunes me forcent à
monter dans leur jeep.  Dans la famille, il avait un jeune qui parlait
anglais.  Je lui ai fait comprendre que je craignais avoir à faire à de faux
policiers.  Je me sentais en securité.

Ensuite un chef policier en civil est arrivé.  Il a dit que je devais subir
un contrôle de mes bagages. Dans ma tête, je revivais l'épisode de la
frontière entre la Pologne et la Lituanie.  Mais les Russes étaient
nettement plus insistants.  J'ai dû me résoudre à monter dans la jeep des
militaires avec mes bagages et mon vélo attaché sur la roue de secours.  Le
jeune étudiant a dû m'accompagner pour la traduction.  Arrivé au poste de
police 20 km plus loin, j'ai expliqué que j'étais venu en vélo depuis la
Belgique.  Heureusement j'avais le journal vers l'Avenir du 13 mai (re-merci
à Madame Flochon).  Le chef en a fait une photocopie ainsi que de chaque
page de mon passeport, y compris du visa que j'avais obtenu pour le
Bangladesh en 2003.  Puis il a voulu vérifier si je n'avais filmé ni pris de
photos de la centrale nucléaire.  Il a visionné ce que j'avais filmé le
samedi et le dimanche et n'a rien trouvé.  Puis le policier de service a
rempli 6 ou 7 formulaires en double exemplaires, en Russe.  Le jeune
étudiant traduisait.  Bref, cela a duré de midi a 16 heures.   Puis le chef
m'a expliqué le chemin que je devais prendre pour aller en Estonie (le même
que je comptais prendre), que j'étais sous contrôle et que je devais quitter
la Russie le soir même ... ce que je comptais faire de toute façon.  Ce fut
stressant mais en même temps, je n'avais pas peur étant donné que je n'avais
rien filmé ni photographié de hautement secret ... comme ces centrales
nucléaires ou le port situé tout près.  Je ne me sentais nullement un espion
comme ils le soupçonnaient.

Je m'en suis sorti avec 4 heures de retard ... si bien que je suis arrivé en
Estonie tard le soir avec en plus un contrôle qui a duré plus d'une heure,
tellement il y avait des piétons qui regagnaient la partie de la ville où
ils habitaient.  La douanière Russe n'a pas vu que j'avais omis de me
présenter à la police dans les trois jours de mon entrée en Russie.
Normalement elle aurait dû me faire payer une amende 50 dollars ... mais
j'étais dans le flot des estoniens et elle était plus préoccuppée par mon
vélo qui était tellement large qu'il passait à peine dans les couloirs. J'ai
été heureux d'entendre le bruit du tampon sur le passeport me donnant le
droit de revenir dans l'Union Européenne.  Le douanier Estonien a été trè
sympa et n'en revenait pas que j'étais venu de Belgique jusque là.  Il était
minuit quand j'ai monté ma tente dans une prairie.  Aventure qui restera
marquante pour cette fin de séjour en Russie où j'ai vécu tant de bons
moments, d'accueil, de visites, de témoignages poignants comme celui du
travail de Soeur Francoise (notamment avec les malades du Sida), de sa
collègue psychologue, etc.  De Saint-Pétersbourg, je vous raconterai
davantage lors de la soirée de présentation du film.

L'Estonie est tout à fait différente de la Russie.  Il y a très peu de
villages, parfois de grands troupeaux de vaches, d'immenses forêts.  J'ai
suivi la côte et j'ai dormi deux nuits sur la plage, la tente directement
plantée sur le sable à quelques mètres des vagues (il n'y a pratiquement pas
de marées dans la mer Baltique).  Cela faisait aussi partie de mes rêves
avant d'entreprendre ce voyage fabuleux.  J'ai pris des images et de très
belles photos.

Je consacrerai le mois d'août au montage du film vidéo.  Déjà je vous donne
rendez-vous en septembre sans pouvoir vous préciser aujourd'hui les dates.
Sachez qu'une soirée sera organisée:

- à Haut-Bois pour l'entité de Gesves;
- à Namur;
- dans l'entité de Court-St-Etienne pour le Brabant wallon
... et tout qui souhaite se joindre à nous ... comme Aure, une jeune
française qui vient de rentrer d'un an de volontariat à St-Pétersbourg.

Une chose est certaine:  si vous avez apprécié de recevoir mes messages ...
sachez que j'ai apprécié de lire les vôtres, là où j'avais accès à Internet.

L'aventure n'est pas terminée ... reste à la partager par l'image.  Invitez
vos amies et amis.  Je reprendrai contact avec vous au cours du mois d'août.

Léon Tillieux

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Des gens généreux malgré leur condition modeste

Article de "Vers l'Avenir du 20 juillet 2006

Par Rosetta FLOCHON

Après avoir rallié Saint-Péterbourg à vélo, Léon Tilleux est rentré au pays. La tête pleine de souvenirs et le cceur rempli d'amitié.

IL a pédalé de Namur à Saint-Pétersbourg au profit d'Entraide & Fraternité, d'Oxfam, de la Fondation Damien et des projets du Groupe Tiers-Monde de Gesves. Léon Tillieux est à présent rentré à Namur. Après avoir pris le temps de souffler un peu, il évoque avec nous son périple de 4 000 km et sa rencontre avec la population locale.

 O Léon Tillieux, quels sont les mots qui vous viennent pour caractériser votre voyage ?

• Long est le premier mot qui me vient. C'était en effet un long trajet, mais un défi à relever qui avait été bien préparé. J'utiliseari aussi le mot accueil : alors que je demandais à pouvoir planter ma tente sur un bout de terrain, les habitants m'ont souvent offert un lit et même un petit-déjeuner. La chance était aussi au rendez­vous. je n'ai pas eu d'accident, alors que, sur le trajet, j'ai facilement rencontré une centaine de croix qui invitaient à se sou­venir de personnes tuées sur la route, très souvent des jeunes. Je parlerai également de contraste, entre les grandes villes et les campagnes, et entre les pays traversés. Et parfois au sein d'une même région, comme à Saint-Pétersbourg. On y voit à présent des gens très pauvres, dont des enfants, qui mendient. Ce sont des situa­tions que l'on ne rencontrait pas autrefois. Il y a là-bas aujourd'hui une classe moyenne qui vit difficilement, et des gens très pauvres. Avec moins de 10 % de la population qui est, elle, très riche. Le cinquième mot qui me vient pour évoquer ce voyage est le mot soutien. Cinquante personnes étaient présentes lors de mon départ et 20 m'ont accompagné jusqu'à Huy. J'ai aussi été encouragé par mes amis durant tout le voyage : une centaine de messages ont été envoyés à mon adresse e-mail. Et comme Internet était bien présent dans les grandes villes, je n'ai pas eu de mal à accéder à cet outil. Toutes ces marques de sympathie et d'amitié m'ont bien aidé.

Des gens très pauvres

• Vous rouliez en vous faisant parrainer, qu'est ce que cela a donné ?

• Un premier bilan global permet d'estimer les dons à 3 360 €. J'avais, par ailleurs, reçu un subside de 250 € de la Province de Namur. Il a permis le paiement du visa.


• Quelles sont les villes étapes que vous avez traversées ? Les villes importantes que j'ai traversées, et où j'ai sou­vent visité un lieu caractéristi­que, sont Buchenwald, Berlin, Varsovie, Vilnius, Saint-Péters­bourg et Tallin.

 O Avez-vous des anecdotes à partager

• Oui, il y en a plusieurs. Dont cette fois où, à Sosnovyjbor, le long de la mer Baltique, entre Saint-Pétersbourg et la frontière avec l'Estonie, j'ai été emmené et retenu au poste de police durant quatre heures. J'étais en effet suspecté d'avoir filmé et pris des photos de la centrale nucléaire. Les Russes ont très peur d'attentats terro­ristes. Pour prouver ma bonne foi et les raisons de mon voyage, l'article paru dans le Vers l'Avenir du 13 mai m'a été bien utile. Toujours suite à cet article, un certain Marc Moneau  un Belge qui travaille avec la Pologne, m'a envoyé un courriel pour me donner rendez-vous à Otwock, dans la périphérie de Varsovie, où vit sa compagne. Leur accueil a été formidable. J'y suis d'ailleurs resté quatre nuits. Il y a aussi cette fois où, en Lituanie, j'aperçois dans un village des enfants de 9-10 ans. Là-bas, une maman me montre un endroit, près de la rivière, où je peux planter ma tente. Les enfants repartent avec mes gourdes pour les remplir d'eau. Et 10 minutes plus tard revien­nent avec, aussi, des plats préparés. Et il y a beaucoup d'autres choses que je pourrais raconter qui montrent que les gens étaient généreux malgré leur condition modeste.

Interview Rosetta FLOCHON

Le camp de Buchenwald

Ce périple de Namur à Saint-Pétersbourg, Léon Tillieux voulait aussi le dédier au Hutois Albert Beaujean. «le l'ai rencontré, il y a un an, à l'occasion de l'exposition "60 ans de liberté à Nal­tinne", explique Léon Tilleux. 11 avait été prisonnier politique durant onze mois, au camp de Buchenwald. Je tenais donc à passer par là. Je lui ai d'ailleurs téléphoné une fois là-bas. Et comme, durant sa détention, il avait fait la connaissance d'un codétenu russe, prénommé Nicolas et instituteur à Saint­Pétersbourg, je voulais, en quelque sorte, faire le lien entre eux. J'ai donc déposé une pierre emportée à Buchenwald pour la déposer tout près de Saint-Pétersbourg, sur le lieu d'un monument aux morts où, la veille, s'était déroulée une cérémonie d'hommage à laquelle participaient des enfants. »

 R.F.