Léon TILLIEUX vers Saint Petersbourg
Je vous propose ici les courriels envoyés par Leon au cours de son périple
!!!Attention étant en vacance en juin; je ne saurais pas mettre les courriels en ligne. Je les mettrais en ligne début juillet!!!
Vous pouvez l'encourager en lui envoyant un courriel à l'adresse suivante leontillieux@hotmail.com
Liège, dimanche 14 mai 2006,
Chères amies, chers amis,
A chacun de vous qui m'avez encouragé par votre présence au moment du départ
à Namur;
A chacun de vous qui m'avez accompagné avec votre vélo sous la pluie,
l'orage et le soleil, jusque Huy ou jusque Liège,
A ceux et celles qui m'ont envoyé par courriel un message de sympathie, de
bonne route ou d'accueil le long de celle-ci;
Soyez-en remerciés. Sachez que cela me donne du courage pour pédaler.
Je
ne manquerai pas de vous tenir informés du voyage.
Merci aux journalistes de Vers l'Avenir (Mme Flochon pour l'article paru
dans le journal de ce samedi 13 mai), Passe-Partout (article de Mr Lahaut de
la semaine prochaine) et Canal C.
A ce propos, quelqu'un d'entre vous peut-il me copier l'interview qui
passera sur canalC ce lundi ou ce mardi. Merci d'avance.
Il est 7 heures du matin, ce dimanche 14 mai. Bonne fête à toutes les
mamans.
A la prochaine. Léon Tillieux
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Chers vous tous
Samedi 13 mai au soir, mon ami Michel de Brasschaat (avec qui j ai pedale au
Bangladesh en 2003 pour la Fondation Damien) m a rejoint a Liege, mouille
comme un canard a cause de l orage. Il parait que certains d entre
vous l
ont ete aussi au retour vers Namur.
Apres l accueil des Roberti, nous montons vers Montchau via Verviers.
Puis l Allemagne. Route de contrastes entre les trous des routes belges et
le bon revetement des routes allemandes. Indifference des personnes
rencontrees pressees d entrer dans les magasins mais chaleur des liegeois
qui nous souhaitent bonne route. Bien oui Liege c est la cite
ardente.
Indifference peut etre le long de la route mais il y a les fermiers qui nous
conseillent de dormir dans la paille pour que nous ayons plus chaud que dans
notre tente, qui nous offrent le the le soir pour bien dormir et un copieux
petit dejeuner avant de prendre la route.
440 km en quatre jours jusque Alsfeld pour ceux qui cherchent a me suivre
sur une carte; la moyenne journaliere de 100 km est depassee.
Hier mardi, Lars, un jeune de 15 ans a pedale avec nous durant 20 km; il s
interesse a notre projet; il veut devenir medecin plus tard.
Ce matin, mercredi 17 mai, Michel est retourne en Belgique car le travail l
attend. Dank u wel voor deze dagen van vriendschap. Quant a moi, je
continue vers l Est, le "far east", seul avec ma monture
dont la selle n
est pas aussi confortable qu un cheval mais qui roule tres bien (55 km/h
dans les descentes emporte par le poids des bagages). Vous pouvez
remercier
Mr Lambillion de la place Wiertz a Namur pour le petite vitesse qu il a
monte sur le velo pour monter les longues cotes a du 8 km/h. On est quand
meme content ... et fier d arriver au sommet ... avant de se lancer dans la
descente. Les automobilistes et les camionneurs attendent sagement
parfois
longtemps pour nous depasser sans s enerver. C est vrai que mes
bagages
sont plus larges que moi. Pourvu que cela continue dans les autres
pays.
A partir de maintenant je suis seul pour rouler mais tous les messages de
sympathie auxquels je repond d une facon groupee me disent que desormais je
ne serai en aucun momemt seul sur cette longue route vers Sint-Pietersburg.
Auf wiedersehen und danke vielmaal.
Leon Tillieux
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Chers amis
Hier soir, lundi 22 mai, je suis arrivé dans un petit village, Wolterdorf, à
30 km à l'est de Berlin, chez des amis, connaissances d'Antoine et de
Marie-Claire Henrotte de Ans. Surprise en arrivant, les enfants Antoon et
Manon, aidés de leur maman Andréa, avaient préparé un panneau d'accueil avec
un cycliste et un drapeau belge. C'était bien là la maison que je
cherchais, trempé comme un canard ("chacun son tour" dirait mon ami
Michel
de Brasschaat) par un orage qui ne pouvait qu'éclater après cette belle
première journée de chaleur. Vers 14 heures, j'étais passé
symboliquement
d'Ouest en Est sous la porte de Brandebourg, symbole de la réunification de
l'Allemagne, témoin des évènements de la chute du mur de Berlin en novembre
1989. Andrea, à ce moment là habitait non loin du mur. Anecdote
peu
banale, c'est par un coup de fil reçu de Belgique, qu'ils apprirent que le
mur commençait à être abattu alors qu'il se trouvaient à quelques centaines
de mètres de là.
Auparavant, le vendredi 19 mai, je suis passé par Buchenwald où Mr Beaujean
de Huy vécu pendant de long mois entre 1944 et 1945. La veille de mon
arrivée, j'ai été accueilli pour la nuit chez Rudi et Elisabeth. Ce couple à
qui je demandais simplement de remplir mes bidons d'eau, m'ont invité non
seulement à partager le repas du soir mais aussi à me reposer dans une
chambre de leur maison. Qu'ils en soient remerciés.
C'est par le Nord que je suis arrivé à Buchenwald, par un de ces chemins
vraisemblablement empruntés par ces cohortes de prisonniers emmenés dans les
marches de la mort, en avril 1945. Ensuite, je suis entré dans la carrière
où Mr Beaujean a travaillé, si je ne me trompe. Les baraquements du camp
ont été rasés en 1945. Mais leur emplacement est encore bien visible.
Albert logeait au 57 A.
Sur une des pierres érigées en mémorial, j'ai déposé un petit caillou en
mémoire de ce que Mr Beaujean a vécu dans ce camp de souffrances et j'en ai
emporté un autre avec moi avec l'intention de le déposer quelque part à
St-Pétersbourg en mémoire de son ami russe, Nicolas.
Demain 24 mai après-midi, je reprends la route vers la Pologne. Le vélo
tient le coup jusqu'à présent. Il souffre d'avantage sur les pavés plus
présents qu'à l'ouest. Une petite réparation s'est avérée nécessaire.
Mais
tout est en ordre. La nouvelle selle achetée dès le troisième jour ne
me
fait plus mal. Je ne sais pas si je me suis adapté à elle ou si c'est
elle
qui s'est adaptée à ma morphologie?
En principe le prochain message que j'enverrai partira de Varsovie entre le
31 mai et le 2 juin. Via l'article du journal "Vers l'Avenir",
un couple
belgo-polonais a pris connaissance de mon raid et m'invite dans leur village
à 12 km de la capitale. Merci Mme Flochon.
Aujourd'hui, une journaliste d'un journal local de la périphérie de Berlin
m'a posé de nombreuses questions, s'intéressant particulièrement aux
objectifs de mon périple. Pour elle, c'est un monde inconnu que celui des
ONG et du système de parrainage. Un article qui permettra peut-être à
certains lecteurs d'élargir leur regard sur le monde.
Cedi dit, je vais me reposer car ayant une tendinite au pied gauche, je dois
me ménager. Aujourd'hui, c'est par le train et le bus que nous avons
visité
Berlin (avec ma guide Andréa, parlant un français impeccable). Mon vélo
méritait bien un jour de repos complet!
A la prochaine. Léon
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Chères amies, chers amis,
Vous qui m'avez suivi tout au long de ce long périple de Namur à
St-Pétersbourg, vous qui avez apprécié le compte-rendu de mon voyage, vous
qui m'avez soutenu moralement tout au long de ces longues journées de vélo,
je suis heureux de vous envoyer mon dernier message à partir de la Belgique
où je suis bien arrivé ce samedi 1er juillet 2006.
Ce matin,à Tallinn, en Estonie, je me suis réveillé à 3h30 pour rejoindre
l'aéroport. Au moment où le soleil se levait déjà, se reflétant et
dardant
tous ses rayons rouge sang sur les bâtiments modernes de la ville, j'ai
vécu les derniers moments stressants de ce voyage. En effet, à la suite
de
travaux dans la ville, j'ai été emmené dans une déviation qui m'a fait faire
7 à 8 kilomètres supplémentaires. Mais au monent où je me croyais
perdu, un
automobiliste m'a renseigné efficacement et je suis arrivé à temps pour
enregistrer mes bagages et pour que mon vélo, fidèle coursier durant ces 49
jours, m'accompagne ... dans la soute à bagages. Il est des moments où
l'on
bénit le ciel de rencontrer des gens qui parlent une langue que vous
connaissez et qui connaissent la réponse adéquate à la question que vous
vous (leur) posez.
Après une escale à Copenhague, je suis bien arrivé à Zaventem à 10h45 et
une
demi-heure plus tard, je récupérais mes bagages ainsi que ce bon vélo
Peugeot (acheté dans un magasin de seconde main ... un peu remanié), qui a
tenu le coup jusqu'au bout. Aucun incident majeur, aucun accident sinon
une
bête chute sans gravité à l'arrêt et seulement quatre crevaisons ... dont
trois pour la Russie. Si vous aviez vu le nombre de trous que j'ai pu
évitez sans compter ceux que je n'ai pu éviter, vous comprendrez que ce
chiffre est peu élevé.
Mais revenons à la dernière semaine.
La fin de mon voyage en Russie a été un peu bousculée et assez stressante.
Samedi 24 juin, j'ai quitté St-Pétersbourg a 5 heures du matin. J'ai
ramené
les clefs du lieu où je dormais au gardien de l'immeuble ou Sr Yolanda (une
soeur des Philippines qui m'avait si bien accueilli) habite, ceci afin de ne
pas la réveiller ... comme je voulais partir tôt pour ne pas devoir
affronter le flot de la circulation dans la ville. Au moment du départ,
le
gardien qui ne parlait que le russe a été très émotionné de me voir partir
avec mon vélo et mes bagages. Cela restera un des moments inoubliables de
mon voyage ... avec ce qui suit.
Pour gagner l'Estonie, j'ai choisi d'emprunter la route qui figure sur la
carte Michelin et qui suit la côte jusque la frontière. A un certain
moment, il y avait des soldats en armes et un tank pour garder, ce que je
comprendrai plus tard: des centrales nucléaires. J'ai bien pris
soin de ne
pas prendre de photos ni de filmer ... ce que j avais reconnu comme une
centrale nucléaire, me rappelant les photos de Tchernobyl; heureusement
pour la suite.
Samedi 24 juin au soir, j'ai dormi au bord d'un immense lac que j'ai
découvert par hasard. Le soleil s'est couché très tard. Le matin,
je me
suis lavé dans cette eau limpide et chaude ... Dimanche matin, j'étais
heureux sur cette route où il n'y avait personne, sinon deux cyclistes avec
qui j'ai échangé quelque peu malgré la barrière des langues.
Puis soudain, une jeep est arrivée. Deux jeunes habillés en militaires
en
sont descendus. L'un deux a dit en rigolant le mot KGB. Ils ne
parlaient
pas un mot d'anglais. Ils voulaient m'emmener dans leur jeep. J'ai
refusé,
croyant avoir à faire à des jeunes qui voulaient me faire un mauvais coup.
Un peu plus loin j'ai crevé ... plutôt mon pneu avant. J'ai reparé dans
la
propriété d'une famille car je craignais que les deux jeunes me forcent à
monter dans leur jeep. Dans la famille, il avait un jeune qui parlait
anglais. Je lui ai fait comprendre que je craignais avoir à faire à de
faux
policiers. Je me sentais en securité.
Ensuite un chef policier en civil est arrivé. Il a dit que je devais
subir
un contrôle de mes bagages. Dans ma tête, je revivais l'épisode de la
frontière entre la Pologne et la Lituanie. Mais les Russes étaient
nettement plus insistants. J'ai dû me résoudre à monter dans la jeep
des
militaires avec mes bagages et mon vélo attaché sur la roue de secours. Le
jeune étudiant a dû m'accompagner pour la traduction. Arrivé au poste
de
police 20 km plus loin, j'ai expliqué que j'étais venu en vélo depuis la
Belgique. Heureusement j'avais le journal vers l'Avenir du 13 mai
(re-merci
à Madame Flochon). Le chef en a fait une photocopie ainsi que de chaque
page de mon passeport, y compris du visa que j'avais obtenu pour le
Bangladesh en 2003. Puis il a voulu vérifier si je n'avais filmé ni pris
de
photos de la centrale nucléaire. Il a visionné ce que j'avais filmé le
samedi et le dimanche et n'a rien trouvé. Puis le policier de service a
rempli 6 ou 7 formulaires en double exemplaires, en Russe. Le jeune
étudiant traduisait. Bref, cela a duré de midi a 16 heures. Puis
le chef
m'a expliqué le chemin que je devais prendre pour aller en Estonie (le même
que je comptais prendre), que j'étais sous contrôle et que je devais quitter
la Russie le soir même ... ce que je comptais faire de toute façon. Ce
fut
stressant mais en même temps, je n'avais pas peur étant donné que je n'avais
rien filmé ni photographié de hautement secret ... comme ces centrales
nucléaires ou le port situé tout près. Je ne me sentais nullement un
espion
comme ils le soupçonnaient.
Je m'en suis sorti avec 4 heures de retard ... si bien que je suis arrivé en
Estonie tard le soir avec en plus un contrôle qui a duré plus d'une heure,
tellement il y avait des piétons qui regagnaient la partie de la ville où
ils habitaient. La douanière Russe n'a pas vu que j'avais omis de me
présenter à la police dans les trois jours de mon entrée en Russie.
Normalement elle aurait dû me faire payer une amende 50 dollars ... mais
j'étais dans le flot des estoniens et elle était plus préoccuppée par mon
vélo qui était tellement large qu'il passait à peine dans les couloirs. J'ai
été heureux d'entendre le bruit du tampon sur le passeport me donnant le
droit de revenir dans l'Union Européenne. Le douanier Estonien a été trè
sympa et n'en revenait pas que j'étais venu de Belgique jusque là. Il était
minuit quand j'ai monté ma tente dans une prairie. Aventure qui restera
marquante pour cette fin de séjour en Russie où j'ai vécu tant de bons
moments, d'accueil, de visites, de témoignages poignants comme celui du
travail de Soeur Francoise (notamment avec les malades du Sida), de sa
collègue psychologue, etc. De Saint-Pétersbourg, je vous raconterai
davantage lors de la soirée de présentation du film.
L'Estonie est tout à fait différente de la Russie. Il y a très peu de
villages, parfois de grands troupeaux de vaches, d'immenses forêts. J'ai
suivi la côte et j'ai dormi deux nuits sur la plage, la tente directement
plantée sur le sable à quelques mètres des vagues (il n'y a pratiquement pas
de marées dans la mer Baltique). Cela faisait aussi partie de mes rêves
avant d'entreprendre ce voyage fabuleux. J'ai pris des images et de très
belles photos.
Je consacrerai le mois d'août au montage du film vidéo. Déjà je vous
donne
rendez-vous en septembre sans pouvoir vous préciser aujourd'hui les dates.
Sachez qu'une soirée sera organisée:
- à Haut-Bois pour l'entité de Gesves;
- à Namur;
- dans l'entité de Court-St-Etienne pour le Brabant wallon
... et tout qui souhaite se joindre à nous ... comme Aure, une jeune
française qui vient de rentrer d'un an de volontariat à St-Pétersbourg.
Une chose est certaine: si vous avez apprécié de recevoir mes messages
...
sachez que j'ai apprécié de lire les vôtres, là où j'avais accès à
Internet.
L'aventure n'est pas terminée ... reste à la partager par l'image. Invitez
vos amies et amis. Je reprendrai contact avec vous au cours du mois d'août.
Léon Tillieux
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Des gens généreux malgré leur condition modeste
Article de "Vers l'Avenir du 20 juillet 2006
Par Rosetta FLOCHON
Après avoir rallié Saint-Péterbourg à vélo, Léon Tilleux est rentré au pays. La tête pleine de souvenirs et le cceur rempli d'amitié.
IL a pédalé de Namur à Saint-Pétersbourg au profit d'Entraide & Fraternité, d'Oxfam, de la Fondation Damien et des projets du Groupe Tiers-Monde de Gesves. Léon Tillieux est à présent rentré à Namur. Après avoir pris le temps de souffler un peu, il évoque avec nous son périple de 4 000 km et sa rencontre avec la population locale.
O Léon Tillieux, quels sont les mots qui vous viennent pour caractériser votre voyage ?
• Long est le premier mot qui me vient. C'était en effet un long trajet, mais un défi à relever qui avait été bien préparé. J'utiliseari aussi le mot accueil : alors que je demandais à pouvoir planter ma tente sur un bout de terrain, les habitants m'ont souvent offert un lit et même un petit-déjeuner. La chance était aussi au rendezvous. je n'ai pas eu d'accident, alors que, sur le trajet, j'ai facilement rencontré une centaine de croix qui invitaient à se souvenir de personnes tuées sur la route, très souvent des jeunes. Je parlerai également de contraste, entre les grandes villes et les campagnes, et entre les pays traversés. Et parfois au sein d'une même région, comme à Saint-Pétersbourg. On y voit à présent des gens très pauvres, dont des enfants, qui mendient. Ce sont des situations que l'on ne rencontrait pas autrefois. Il y a là-bas aujourd'hui une classe moyenne qui vit difficilement, et des gens très pauvres. Avec moins de 10 % de la population qui est, elle, très riche. Le cinquième mot qui me vient pour évoquer ce voyage est le mot soutien. Cinquante personnes étaient présentes lors de mon départ et 20 m'ont accompagné jusqu'à Huy. J'ai aussi été encouragé par mes amis durant tout le voyage : une centaine de messages ont été envoyés à mon adresse e-mail. Et comme Internet était bien présent dans les grandes villes, je n'ai pas eu de mal à accéder à cet outil. Toutes ces marques de sympathie et d'amitié m'ont bien aidé.
Des gens très pauvres
• Vous rouliez en vous faisant parrainer, qu'est ce que cela a donné ?
• Un premier bilan global permet d'estimer les dons à 3 360 €. J'avais, par ailleurs, reçu un subside de 250 € de la Province de Namur. Il a permis le paiement du visa.
• Quelles sont les villes étapes que vous avez traversées ? Les villes
importantes que j'ai traversées, et où j'ai souvent visité un lieu
caractéristique, sont Buchenwald, Berlin, Varsovie, Vilnius,
Saint-Pétersbourg et Tallin.
O Avez-vous des anecdotes à partager
• Oui, il y en a plusieurs. Dont cette fois où, à Sosnovyjbor, le long de la mer Baltique, entre Saint-Pétersbourg et la frontière avec l'Estonie, j'ai été emmené et retenu au poste de police durant quatre heures. J'étais en effet suspecté d'avoir filmé et pris des photos de la centrale nucléaire. Les Russes ont très peur d'attentats terroristes. Pour prouver ma bonne foi et les raisons de mon voyage, l'article paru dans le Vers l'Avenir du 13 mai m'a été bien utile. Toujours suite à cet article, un certain Marc Moneau un Belge qui travaille avec la Pologne, m'a envoyé un courriel pour me donner rendez-vous à Otwock, dans la périphérie de Varsovie, où vit sa compagne. Leur accueil a été formidable. J'y suis d'ailleurs resté quatre nuits. Il y a aussi cette fois où, en Lituanie, j'aperçois dans un village des enfants de 9-10 ans. Là-bas, une maman me montre un endroit, près de la rivière, où je peux planter ma tente. Les enfants repartent avec mes gourdes pour les remplir d'eau. Et 10 minutes plus tard reviennent avec, aussi, des plats préparés. Et il y a beaucoup d'autres choses que je pourrais raconter qui montrent que les gens étaient généreux malgré leur condition modeste.
Interview Rosetta FLOCHON
Le camp de Buchenwald
Ce périple de Namur à Saint-Pétersbourg, Léon Tillieux voulait aussi le dédier au Hutois Albert Beaujean. «le l'ai rencontré, il y a un an, à l'occasion de l'exposition "60 ans de liberté à Naltinne", explique Léon Tilleux. 11 avait été prisonnier politique durant onze mois, au camp de Buchenwald. Je tenais donc à passer par là. Je lui ai d'ailleurs téléphoné une fois là-bas. Et comme, durant sa détention, il avait fait la connaissance d'un codétenu russe, prénommé Nicolas et instituteur à SaintPétersbourg, je voulais, en quelque sorte, faire le lien entre eux. J'ai donc déposé une pierre emportée à Buchenwald pour la déposer tout près de Saint-Pétersbourg, sur le lieu d'un monument aux morts où, la veille, s'était déroulée une cérémonie d'hommage à laquelle participaient des enfants. »
R.F.