Origine et signification du nom "Pèlé du Monde du Travail"
Par :
Léon Tillieux
A partir de différents témoignages écrits et oraux des premiers pèlerins et responsables, nous avons cherché à comprendre l'origine et le sens du nom "Pèlé du monde du travail".
Nous pouvons imaginer que ce nom vient de la nécessité de le différencier du "Pèlé des étudiants"(certaines années, nous étions sur la route de Chartres durant le même week-end). Mais ce n'est certainement pas la seule explication.
Comme Robert Lalande, un des trois premiers pèlerins, l'a toujours dit et comme l'a bien rappelé Pierre Mauvais à l'issue de la messe du cinquantième dans la Cathédrale de Chartres, lePèlé du monde du travail, dès le début, n'était pas destiné qu'aux seuls ouvriers. Il y avait des polytechniciens, des banquiers qui côtoyaient des ouvriers d'usine.
Les trois premiers (Robert, un ouvrier, Prosper, un manœuvre, accompagnant Francis, un ingénieur),
représentaient déjà la diversité des professions qui a caractérisé dès le début
le Pèlé du monde du travail. Dans les premières années, il y avaient de nombreux ouvriers
et des militants de la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne). Robert disait" Au départ. nous étions, des ouvriers, voulant exprimer notre foi et voulant que des ouvriers,
qui n'ont pas souvent l'occasion d'exprimer leur foi en dehors de leur mouvement, puissent se retrouver sur une plaque
tournante, où, différents, on vient de tous les azimuts...".
(article de Jean-Pierre Brasseur dans le périodique '"Des quatre coins de l'horizon" numéro 10 / 1976).
De tous les azimuts... Dès les premières années, il y eut de nombreuses personnes travaillant dans l'enseignement, le social, le médical et le paramédical..
Ce qui caractérise ce Pèlé, c'est qu'il est ouvert à tous et à toutes, pas seulement à ceux qui exercent une profession mais aussi à ceux qui n'en exercent pas (soit par choix, soit par la force des choses, ceux qui sont exclus du travail, les chercheurs d'emplois, les handicapés, etc.), à celles dont on dit qu'elle n'ont pas de profession ou "qu'elles ne travaillent pas" (les "mères de familles" ou les "femmes au foyer"), etc.
Une autre caractéristique importante, c'est que ce Pèlé est ouvert non seulement aux croyants, non seulement aux chrétiens, mais à tous ceux qui sont en recherche. C'est ainsi que certaines années, il nous est arrivé de cheminer avec une protestante, un musulman, une juive ou un bouddhiste, avec un gars qui se disait incroyant, agnostique..., tous en recherche de quelqu'un ou de quelque chose, en recherche de sens, d'amitié, d'écoute. de réconfort, de prière, de partage, de silence(s), etc.
Venant des "quatre coins de l'horizon" (pour reprendre le titre du périodique édité par Jean-Pierre Brasseur de 1975 à 1986), les pèlerins viennent non seulement de France et de Belgique mais d'autres pays comme le Togo, le Brésil ou l'Ile de la Désirade... venant des quatre coins de l'horizon et cela, pas seulement au sens géographique du terme.
Ainsi, certaines années, il y eut des scouts, des patronné(e)s, les amis des foyers de l'Arche (Trolly, Aquero, etc.), les filles de "Clair logis", les "Apprentis d'Auteuil", en passant par des policiers, emmenés par un des leurs (ordonné diacre)
et les "Compagnons de Saint-François" qui se faisaient "discrets mais efficaces" (pour reprendre une partie d'un témoignage de Robert Lalande), etc.
Des prêtres ont toujours soutenu le Pèlé. Les anciens se rappelleront les "lancements de routes" du Père Chenu
et le soutien du Père de la Viléon (lequel, quoiqu'originaire d'un milieu privilégié, habitait dans un bidonville de Nanterre).
Nous ne pouvons citer tous les aumôniers mais il est certain que des gars comme Robert Nedelec et le Père Ragot, du côté français, Guy Martinot et Stany Simon du côte belge, ont apporté énormément au
Pèlé...comme continuent à le faire les prêtres (même s'ils se font plus rares) qui nous rejoignent chaque année.
Toutefois, une autre caractéristique importante c'est que ce Pèlé a été et est encore géré et impulsé par des laïcs, même si ceux-ci trouvent important que des aumôniers les accompagnent. Le
Pèlé n'est-il pas un des rares espaces
où chacun et chacune peut se sentir libre d'exprimer ses souffrances, ses doutes, ses joies, ses interrogations et ses convictions?
Rappelons-nous, les trois premiers pèlerins n'étaient-ils pas des laïcs? Sans eux, comme sans ceux et celles qui ont marché pendant ces cinquante années, nous ne serions peut-être pas sur cette route... du Pèlé du monde du travail !
Léon Tillieux (à partir de témoignages de Robert Lalande. Pierre Mauvais, Henri Malo, Michel Marullaz, Nicole Evrard, etc.)